C’est sans doute le transfert le plus marquant de l’intersaison. Après plusieurs années de succès avec Yamaha, Todd Kellett a choisi de relever un nouveau défi en rejoignant Honda. À l’occasion de sa première sortie sur sable au Maroc, le Britannique a accordé une interview à PILOTE DE SABLE.
Voici ses réponses à nos 8 questions.
1. Todd, après tant d’années chez Yamaha, à quel moment as-tu compris que c’était le bon moment pour rejoindre Honda ?
Todd Kellett : J’ai connu un problème de santé* il y a deux ans qui a été vraiment difficile à traverser. Depuis cette période, j’ai réalisé qu’on ne sait jamais combien de temps une carrière peut durer. Une opportunité s’est présentée de rejoindre le team SR Motul Motoblouz. Toute l’équipe était très enthousiaste à l’idée de relever ce nouveau défi ensemble, alors j’ai saisi cette chance. Mon objectif est de continuer à prendre du plaisir dans ce sport et de prolonger ma carrière aussi longtemps que possible.
* ndlr : Todd a connu un important problème de santé lié à une infection virale lors de la saison 24/25.
2. Quelles sont tes premières impressions de la Honda face à la Yamaha ?
TK : Honnêtement, j’ai été surpris par la qualité de la moto de série. La principale différence que j’ai remarquée concerne le caractère moteur. La Yamaha est beaucoup plus agressive. La Honda délivre sa puissance d’une manière différente. Certains pourraient avoir l’impression qu’elle est plus « lente », mais une fois que l’on adapte son pilotage à ce caractère moteur, elle est en réalité très performante.
3. La Honda est-elle déjà capable de gagner le Touquet ?
TK : La moto est bonne. Je n’ai pas encore eu énormément de temps de roulage à son guidon, mais elle m’a agréablement surpris. Je suis convaincu qu’elle est largement capable de gagner. Et avec davantage de temps pour travailler dessus et continuer son développement, elle ne fera que progresser.
4. Au délà de la moto, quel changement au quotidien ?
TK : Évidemment, cela représente un grand changement, mais ce nouveau fonctionnement au quotidien me convient bien. Je n’avais jamais connu autre chose auparavant, donc je n’étais pas vraiment en mesure de remettre en question ce qui fonctionnait déjà. Aujourd’hui, je me rends compte qu’il y a certains aspects que je peux améliorer pour rendre mon quotidien plus simple et me permettre de me concentrer davantage sur mon entraînement et sur le travail que j’ai à accomplir en tant que pilote.
5. Lorsqu’un pilote avec ton palmarès change de constructeur, tout le monde attend des résultats immédiats. Ressens-tu cette pression ?
TK : J’ai toujours aimé la pression. Je suis quelqu’un qui se met lui-même la pression pour progresser, indépendamment des attentes des autres. Lors du Touquet 2026, je me suis retrouvé dans une situation où je pouvais soit remporter le Championnat du Monde, le Championnat de France des Sables et l’Enduropale, soit tout perdre. Après avoir vécu une telle expérience, je suis aujourd’hui assez détendu par rapport aux attentes extérieures. Je préfère me concentrer sur mes propres objectifs. Je sais quand je dois être au sommet de ma forme, et ce n’est pas ce week-end : c’est en février.
6. L’un des plus grands défis lorsqu’on change de team est de construire de nouvelles relations. Comment sont tes relations avec Maxence Steenkeste, ton mécanicien, et Christophe Meyer, ton nouvel entraîneur ?
TK : Je suis un pilote qui aime avoir une équipe très réduite autour de lui. Max fait partie de cette équipe depuis le début et nous avons construit ma carrière ensemble*. J’ai déjà passé quelques journées de travail avec Tof** et notre relation est excellente. Nous partageons la même éthique de travail et les mêmes objectifs, donc je suis vraiment très satisfait.
* ndlr : Maxence à suivi Todd chez Honda
** ndlr : Tof = Christophe Meyer
7. Il y a encore quelques mois, Cyril Genot était ton principal rival. Aujourd’hui, il est ton coéquipier. Est-il facile de passer de la compétition à la collaboration et au partage d’informations ?
TK : J’ai déjà connu cette situation auparavant avec Milko, qui était à la fois mon coéquipier et mon principal rival. Je n’ai aucun problème avec Cyril en tant que rival. Nous avons un grand respect l’un pour l’autre et je pense qu’en tant que coéquipiers, nous pouvons nous pousser mutuellement à élever notre niveau ainsi que celui de l’équipe. Ce sera intéressant de partager du temps et des retours d’expérience avec un nouveau coéquipier. Rival ou non, nous voulons tous les deux que la moto et l’équipe soient les meilleures possibles. J’espère donc que nous pourrons nous aider mutuellement dans cette démarche.
8. Cette épreuve au Maroc n’est pas une course officielle du championnat. Quels sont les éléments essentiels que tu souhaites valider ici avant le début de la saison ?
TK : C’est avant tout une répétition générale, aussi bien pour nous les pilotes que pour Marc* et les organisateurs. Pour moi, ce week-end est avant tout un week-end de test et d’entraînement. C’est ma première expérience avec la nouvelle moto sur une plage, et c’est surtout une occasion de récolter un maximum d’informations pour Max et moi afin de poursuivre notre travail de développement.
* ndlr : Marc Darcourt, organisateur de la Mazagan Beach Race et Morocco Sand Race




